
Un rapport parlementaire sur l'intelligence artificielle et la culture retient l'approche d'Ask Mona, entre Versailles, le Louvre et le musée d'Orsay.
Un rapport de l'Assemblée nationale sur l'intelligence artificielle et la culture cite Ask Mona nommément, à la suite de l’audition de Marion Carré devant la mission d'information. Déposé le 1er juillet 2026 par la commission des affaires culturelles et de l'éducation, ce rapport s'appuie sur 63 auditions et plus de deux cents personnes entendues entre décembre 2025 et juin 2026. Il couvre l'ensemble des secteurs culturels touchés par l'IA générative, du cinéma à la musique en passant par l'édition. Dans cet ensemble, la partie consacrée à l'enrichissement de l'expérience des publics s'arrête sur Ask Mona.
Les rapporteurs décrivent Ask Mona comme "un système d'IA générative spécialement conçu pour les institutions culturelles" et soulignent que ce projet "illustre le potentiel créatif des outils d'IA, lorsqu'ils sont entraînés sur des données de qualité, au service d'une finalité bien identifiée et vertueuse, en l'espèce l'éveil de la curiosité et de l'engagement du visiteur."
Lors de son audition, Marion Carré a expliqué que sa démarche vise à "dépasser une expérience culturelle uniforme et standardisée, en proposant des parcours personnalisés fondés sur les interrogations propres à chaque visiteur." Le rapport cite trois institutions clientes : le musée du Louvre, le musée d'Orsay et le château de Versailles. Le dispositif de Versailles y est détaillé plus longuement. Développé avec OpenAI, il permet aux visiteurs du jardin de dialoguer, via un QR code ou une photo, avec vingt fontaines et statues.
Un point retient particulièrement l'attention des rapporteurs, celui de la fiabilité des réponses. Le rapport écrit :
"Contrairement aux modèles de langage grand public, les systèmes développés par Ask Mona sont alimentés par des données spécialisées, dont la pertinence et l'authenticité sont vérifiées par les institutions culturelles partenaires, ce qui garantit la fiabilité des réponses apportées aux visiteurs."
Cette distinction entre un modèle entraîné sur les données ouvertes du web et un système alimenté par des données vérifiées par l'institution elle-même est au cœur de l'approche d'Ask Mona depuis 2017.
L'audition de Marion Carré ne s'arrête pas à la description du produit. Elle porte aussi sur un sujet plus large, celui des biais culturels et linguistiques des modèles d'IA. Devant la mission, elle rappelle que 55 % des contenus du web sont anglophones, contre 3 % de contenus francophones, et que cet écart pèse sur la manière dont les modèles génériques représentent le monde.
Sa formulation est reprise telle quelle dans le rapport : ces outils "nous emmènent tous dans la même direction : nous allons tous plus vite mais au même endroit, c'est le paradoxe du tapis roulant." Elle plaide pour des modèles moins biaisés, qui reflètent davantage la diversité culturelle et linguistique. Cette seconde intervention élargit la portée de l'audition. Ask Mona n'y est pas seulement présentée comme une entreprise qui déploie des dispositifs de médiation, mais comme un acteur qui participe à la réflexion nationale sur la place de la culture et de la langue française face à l'IA générative.
Pour une institution qui s'interroge sur l'IA conversationnelle, ce rapport apporte un repère extérieur et vérifiable. Ask Mona ne construit pas ses dispositifs sur un modèle de langage grand public, mais sur des données que l'institution partenaire valide elle-même. C'est ce choix de méthode, documenté et cité par des parlementaires, qui distingue une médiation augmentée par l'IA d'une simple discussion avec un assistant générique.
La culture et l'intelligence artificielle avancent ensemble quand la technologie reste au service du regard que le visiteur porte sur l'œuvre. C'est cette conviction que Marion Carré a portée devant l'Assemblée nationale, et que le rapport retient.